Pèlerinage

Pèlerinage - Histoire du Sanctuaire de Horion-Hozémont

La venue de l’Enfant-Jésus de Prague à Horion-Hozémont date de l’année 2011. Cette histoire récente  peut cependant être vite oubliée ou transformée. Suite à la demande de l’archiviste de la confrérie, moi-même, Abbé Pierre Kokot, je mets par écrit les événements liés à cette fondation. Les souvenirs passent, les personnes également. Puissent ces quelques lignes, écrites à la première personne du singulier, d’un témoin et acteur direct, perpétuer le souvenir de cette belle aventure.

Pèlerin de Tongres

Il convient tout d’abord de témoigner de ma dévotion à l’Enfant-Jésus de Prague, alors présent dans le sanctuaire de Tongres, situé à une trentaine de kilomètres de Liège. Je me souviens avec émotion de cette chapelle. La statue miraculeuse était entourée d’une multitude de petites ampoules électriques. Tout en haut, au-dessus de l’autel, dans le ciel étoilé, le Petit Roi semblait regarder les pèlerins venant lui confier leurs soucis et leurs joies. Quelle ne fut pas ma tristesse quand j’ai appris la fermeture du sanctuaire, par manque de vocations religieuses. Ordonné prêtre le 23 juin 2002, j’étais alors vicaire à Waremme. Une semaine avant la fermeture du couvent, en 2003, j’ai eu la joie de célébrer la Messe dans ce sanctuaire pour la « Fraternité chrétienne des malades et handicapés » de Herve. Comme beaucoup sans doute, j’appris avec tristesse que la statue serait transférée à Tongerlo, dans une abbaye de Prémontrés. Pour moi, c’était une page qui se tournait. Je n’éprouvais même pas l’envie d’aller voir, en curieux.

Les années passent. En 2009, je deviens Curé de l’Unité pastorale « Les Marches de Hebaye », regroupant les paroisses de Bierset, Fexhe-le-Haut-Clocher, Horion-Hozémont, Noville, Roloux, Velroux et Voroux-Goreux, dans le doyenné de Hesbaye, faisant partie du diocèse de Liège.

La statue de l'Enfant Jésus de Prague

En mai 2011, je fais l’acquisition d’une statue de l’Enfant Jésus de Prague. 
Dans un premier temps, je pense simplement conserver la statue au presbytère. Cependant et assez rapidement, l’idée de la placer dans l’église où tous pourront en profiter devient une évidence. Afin de la protéger de la poussière et du vol, je fais l’acquisition d’une petite armoire vitrée en acajou et surmontée d’une croix. Je décide de la suspendre au mur, dans le bas-côté de l’église. Le premier vendredi du mois de juin 2011, à la fin de l’office du soir en l’honneur du Sacré-Cœur, j’annonce à la vingtaine de paroissiens présents mon intention de bénir solennellement la statue le troisième dimanche du mois d’août suivant et d’inviter les fidèles à se confier à l’Enfant Jésus de Prague. Je me rappelle très clairement avoir dit : « Nous prierons devant la statue chaque troisième dimanche du mois à quinze heures. Si je suis seul, si on est deux ou trois, ou une dizaine..., on fera avec ceux qui seront là... » Je prépare la bénédiction, j’installe un présentoir pour ceux qui souhaitent offrir une bougie-neuvaine et quelques fleurs. C’est également à cette époque que mon organiste me propose de lancer un site Internet pour faire connaître la paroisse. Heureux de cette initiative, je lui demande de relayer l’information sur le réseau mondial et d’annoncer la naissance du pèlerinage.

Les débuts du pèlerinage


Le jour de l’inauguration, le vendredi 5 août 2011 à dix-neuf heures, une cinquantaine de personnes ont répondu à l’appel. Ce nombre comble déjà toutes mes attentes. Je bénis la statue et j’explique le sens de la dévotion à l’Enfant-Jésus de Prague. Il n’y a pas encore de schéma de prières bien établi. Pour cette première célébration, nous chantons un cantique et prions la « petite couronne ». Cette prière est un petit chapelet en l’honneur de l’enfance de Jésus. On commence par réciter trois fois le « Pater ». Ensuite, sur chacun des douze grains, on récite l’invocation : « Et le Verbe s’est fait chair, et Il a habité parmi nous », suivi d’un « Ave ». Chaque grain correspond à un événement lié à l’enfance de Jésus. La dévotion à l’Enfant-Jésus de Prague fait méditer le mystère de l’Incarnation : Dieu se fait l’un de nous et vient nous rejoindre dans notre quotidien. A la fin de cette première célébration, j’invite au premier pèlerinage, le troisième dimanche du mois d’août en demandant  aux premiers fidèles de diffuser l’information. Le pèlerinage est né !

En vue de la célébration du mois d’août, il me semble important d’imprimer un feuillet de prière pour les pèlerins. Dès lors, le pèlerinage se déroule de la façon suivante :

1. Cantique en l’honneur du Saint Nom de Jésus : « Vive Jésus »
2. « Petite couronne »
3. Prière révélée par la Vierge Marie au Vénérable Père Cyrille à Prague
4. Le « Souvenez-Vous » au Divin Enfant-Jésus
5. Invocations au Saint Enfant-Jésus de Prague
6. Cantique : « Jésus, doux et humble de cœur »
7. Acte de consécration au Saint Enfant-Jésus de Prague (à genoux)
8. Prière pour remercier d'une grâce obtenue
9. Cantique final : « Bénis-nous sans cesse ! » sur l’air de « Chez nous, soyez Reine »

Après le cantique final, les pèlerins qui le souhaitent reçoivent une onction sur le front avec l’huile de l’Enfant-Jésus de Prague. L’origine de ce geste est très ancienne et s’inscrit dans la dévotion populaire. Se rendant à Prague, les pèlerins souhaitaient emporter un souvenir, témoin du voyage. On raconte qu’un jour, un pèlerin a demandé un peu d’huile de la lampe qui brûle nuit et jour devant la statue. Accédant à la demande de cette pieuse personne, le directeur du sanctuaire lui remet un petit morceau de toile, imbibé d’huile. De retour chez lui avec son précieux souvenir, le pèlerin place le tissu sur le membre malade d’un proche et le miracle se produit. La guérison est immédiate et durable. Ce genre de nouvelles se transmettant rapidement, le sanctuaire de Prague offrira volontiers aux pèlerins un peu de cette huile « miraculeuse ». De nos jours, l’huile est bénite selon la formule du Rituel. Au-delà des miracles obtenus par l’application de l’huile de l’Enfant-Jésus, retenons la beauté du geste de l’onction. Le prêtre, ou le fidèle lui-même, se consacre au Petit Roi en traçant sur son front une croix avec l’huile bénite. Par ce geste très simple, il se place sous le signe de la croix, il est imprégné de l’amour de Dieu, symbolisé par l’huile qui pénètre à travers tout ce avec quoi elle est en contact. Le fidèle peut également tracer une croix avec l’huile sur une partie de son corps en souffrance. Par ce geste, il offre et consacre à Dieu ses souffrances et lui demande de les supporter avec patience. Pendant et après l’onction des pèlerins, tous sont invités à se recueillir devant la statue de l’Enfant-Jésus ou devant le tabernacle.
Le nombre de pèlerins augmente rapidement. En quelques mois, c’est une centaine de personnes qui se retrouvent pour prier chaque mois. Comme il s’agit d’un pèlerinage, il y a chaque fois des nouveaux venus. Certains viennent une fois et ne reviennent que beaucoup plus tard, d’autres sont fort réguliers. Pour répondre à la demande des pèlerins, je fais imprimer de petits livrets de prières (neuvaine) et des images grâce à la générosité de deux paroissiens.

Premier « miracle »

Un soir de novembre 2011, un couple se présente à la porte du presbytère. Il vient de loin et il fait noir. L’angoisse se lit sur les visages. En deux mots, le père m’explique la situation. Leur fillette est aux soins intensifs. Le médecin leur a annoncé que l’issue est incertaine. C’est la panique. Une amie leur parle de l’Enfant-Jésus de Prague et il cherche une prière sur Internet. Leur recherche les mène sur le site de notre paroisse. Sur le coup, ils se mettent en route et me disent : « Si on n’avait pas pu entrer, on aurait prié sur le seuil ». Je vais avec eux devant la statue et nous prions ensemble. Ils me demandent de placer une photographie de leur enfant près de Jésus. Par ce geste, il veulent le remettre entre ses mains. Je leur donne un peu d’huile en leur demandant de faire, si possible, une onction à l’enfant. Il est plus ou moins vingt heures quand ils repartent vers l’inconnu. Le lendemain, le téléphone sonne : l’enfant est toujours en vie... Une semaine après, il est sauvé. Les parents n’hésitent pas à parler de miracle. D’autres diront que c’est une coïncidence.... Quoi qu’il en soit, ils sont venus quand tout semblait perdu et ont été exaucés. C’est le premier « signe » de l’Enfant-Jésus. Fort de ce clin d’œil du Ciel, je suis maintenant certain que le Petit Roi n’est pas venu à Hozémont pour rien... et, de surcroît, dans l’église Saint-Sauveur. Ce genre de nouvelles se répand vite ! Plus ou moins deux semaines plus tard, le journal « La Meuse » consacre une pleine page en couleurs à l’Enfant-Jésus de Prague et au pèlerinage naissant. L’article est bien rédigé et rapporte les faits avec beaucoup de rigueur. Le titre, en gros caractères, est accrocheur et parle de moi, Curé de cette paroisse, en ces termes : « L’Enfant-Jésus a sauvé son église », et un peu plus bas en dessous de ma photo : « C’est l’Enfant-Jésus qui a frappé à ma porte ». L’article rapporte que le nombre de pèlerins augmente et que l’église, ouverte le samedi et le dimanche, attire désormais des gens venant parfois de loin. Avec le recul, je pense que ce titre un peu provocateur est juste. En effet, l’Enfant-Jésus s’est lui-même installé à Hozémont, il a frappé à ma porte et attire maintenant à lui des pèlerins, qui, il y a à peine quelques mois, ignoraient même le nom de ce village.

L’Association de l’Enfant-Jésus de Prague

Dès la fondation du pèlerinage, j’ai eu le désir de regrouper les fidèles dans une grande chaîne de prière autour de l’Enfant-Jésus de Prague. Une Association a été créée dans ce sens. Celle-ci est ouverte à tous, sur simple demande. Les statuts de base sont simples :

1. Par son inscription, le membre se consacre pleinement à l’Enfant-Jésus de Prague et récite chaque jour la prière de consécration en union avec les autres membres et aux intentions de l’Association.
2. Le membre propage la dévotion à l’Enfant-Jésus de Prague.
3. Le membre assiste régulièrement aux exercices de piété en l’honneur de l’Enfant-Jésus de Prague.
4. Les prescriptions de l’Association n’obligent pas sous peine de péché.

L’inscription s’accompagne d’une offrande de cinq euros. Celle-ci sert à alimenter une
caisse permettant d’imprimer tracts et affiches en vue de faire connaître l’œuvre. Une Messe est célébrée chaque mois pour les membres vivants et défunts. Dès le début, les coordonnées complètes des membres sont inscrites dans un registre. Le nouvel inscrit reçoit une carte de membre avec la prière de consécration. La première inscription a été reçue le troisième dimanche du mois de février 2012.

Début des travaux d’aménagement de la chapelle

Ne prévoyant pas la venue de nombreux pèlerins, et comme expliqué plus haut, la statue de l’Enfant-Jésus de Prague a d’abord été installée dans une petite chapelle murale. Vu son emplacement, cette installation de fortune ne permettait pas de méditer devant la statue et de s’y attarder. Bien plus, une cinquantaine de fidèles seulement pouvaient prendre place autour de la statue, mais certainement pas 200 personnes. J’ai donc décidé de transformer l’ancienne chapelle des fonts baptismaux en chapelle de l’Enfant-Jésus de Prague. Celle-ci, dans le fond de l’église, ne servait plus depuis longtemps. Il s’y trouvait d’ailleurs un grand coffre en bois contenant des chaises pliantes de réserve. L’endroit était trouvé, mais tout restait à faire. Il fallait d’abord un autel pour que la statue puisse y être dignement vénérée. Je l’ai trouvé dans une église destinée à la démolition dans la région de Binche. La Fabrique d’Eglise locale vendait le mobilier. Je me suis porté acquéreur d’un autel latéral en chêne sculpté. Celui-ci était blanc de poussière ! Marché conclu : avec un camion et deux paroissiens, nous allons démonter l’autel pour le remonter, nettoyé et ciré, à Hozémont. La petite chapelle vitrée, abritant la statue, trouvera place sur les gradins du nouvel autel en juin 2012.

Une visite importante




Le dimanche 18 novembre 2012, plus de 300 personnes participaient au pèlerinage à l’Enfant-Jésus de Prague ! En ce beau jour, S.E. Monseigneur Berloco, Nonce apostolique, a béni solennellement la chapelle de l’Enfant-Jésus de Prague et a prononcé un sermon de circonstance. C’est avec émotion que je me rappelle cette journée et la bienveillance du représentant du Saint-Siège. Ensuite, le R.P. Marie-Théo Libion, directeur du sanctuaire de Saint-Joseph et du Père Damien de Leuven, ancien aumônier du pèlerinage de Tongres, a exhorté les fidèles à avoir une grande confiance en l’Enfant-Jésus de Prague. Le pèlerinage s’est poursuivi par les prières habituelles et la bénédiction avec l’huile de l’Enfant-Jésus. Plusieurs prêtres étaient présents.


Je reproduis ci-dessous le sermon de Monseigneur Berloco, afin que chacun puisse méditer cet enseignement.

  « Je voudrais tout d'abord vous souhaiter une chaleureuse bienvenue à vous qui êtes venus à Horion-Hozémont, en pèlerinage à l'Enfant-Jésus de Prague. Je présente cette salutation au nom du Saint-Père, le Pape Benoît XVI, qui nous est toujours proche et qui, dans son amour de père, se souvient de nous, surtout dans sa prière.

  Pendant de nombreuses années les pèlerins se rendaient à Tongres pour vénérer l'image à la chapelle de l'Enfant-Jésus. En 2003, à Tongres, la chapelle a été fermée et il y a plus d'un an que cette église Saint-Sauveur a accueilli une statue de l'Enfant-Jésus de Prague. Chaque troisième dimanche du mois de nombreux pèlerins viennent ici pour prier ensemble, pour chanter et demander la bénédiction du Seigneur.

  Selon les historiens (religieux) de l'Eglise, le culte à l'Enfant-Jésus a commencé à se développer à partir du XIIème-XIIIème siècle. On connaît la profonde dévotion à l'Enfant-Jésus de saint Bernard et de saint François d'Assise.

  L'Enfant-Jésus est apparu à plusieurs saintes : on peut rappeler sainte Claire d'Assise, sainte Elisabeth de Schönau, la bienheureuse Angèle de Foligno... Sainte Thérèse d'Avila avait une dévotion tout à fait particulière au mystère de l'Enfance du Seigneur. Enfin, une statue de l'Enfant-Jésus arriva d'Espagne jusqu'à Prague. La dévotion s'est répandue dans beaucoup de pays, comme j'ai pu le constater moi-même, pendant les années où j'ai travaillé dans différents pays de l'Amérique latine.

  Le Catéchisme de l'Eglise Catholique nous explique le sens de la vie cachée de Jésus : « Pendant la plus grande partie de sa vie, Jésus a partagé la condition de l’immense majorité des hommes: une vie quotidienne sans apparente grandeur, vie de travail manuel, vie religieuse juive, soumise à la Loi de Dieu, vie dans la communauté... Il nous est révélé que Jésus était soumis à ses parents et qu' « Il croissait en sagesse, en taille et en grâce devant Dieu et devant les hommes » (Lc 2,52).


  La soumission de Jésus à sa mère et à son père légal « anticipait la soumission du jeudi saint : « Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne qui se réalise » (Lc 22,42).

  Paul VI durant son voyage à Nazareth le 5 janvier 1964 a dit: «  Nazareth est l'école où l'on commence à comprendre la vie de Jésus : 1'école de l'Evangile. Nous ne partirons pas cependant sans avoir recueilli quelques brèves leçons de Nazareth :

¨ Une leçon de silence d'abord. Que renaisse en nous l'estime du silence, cette admirable et indispensable condition de l'esprit. O silence de Nazareth, enseigne-nous le recueillement, l’intériorité, la disposition à écouter les bonnes inspirations...
¨ Une leçon de vie familiale. Que Nazareth nous enseigne ce qu'est la famille, sa communion d'amour, son austère et simple beauté, son caractère sacré et inviolable; apprenons de Nazareth comment la formation qu'on y reçoit est douce et irremplaçable; apprenons quel est son rôle primordial sur le plan social.
¨ Une leçon de travail. Nazareth, ô maison du «Fils du charpentier », c'est ici que nous voudrions rétablir la conscience de la noblesse du travail, rappeler que le travail ne peut pas être une fin à lui-même, mais que sa liberté et sa noblesse lui viennent, en plus de sa valeur économique, des valeurs qui le finalisent....
¨ Une leçon d'obéissance. Le grand motif de l'activité humaine, c'est l'obligation, qui fait appel à sa liberté : dans l'Ancien Testament c'était la crainte ; dans la pratique de tous les temps et dans le nôtre, c'est l'instinct, c'est l'intérêt; pour le Christ, que le Père a donné au monde par Amour, c'est l'amour. Lui-même nous apprit à obéir par amour : ce fut sa libération.

  Essayons d'apprendre toutes les leçons que Jésus nous donne dans sa vie d'Enfant à côté de Marie et de Joseph.

  Comme vous le savez déjà, le Saint-Père Benoît XVI vient d'écrire le troisième volume de l'étude des Evangiles, qui est intitulé « L'Enfance de Jésus ». Ce volume va être présenté dans les prochains jours. Le livre sera sans doute un instrument précieux pour connaître Jésus, le Fils de Dieu incarné et pour pouvoir approfondir notre foi en lui.

  Ecoutons la promesse de Jésus : « Plus vous m'honorerez, plus je vous favoriserai ».


Premiers pèlerinages en car

A ma grande joie, et surprise !, peu de temps après la venue de Monseigneur le Nonce apostolique, je recevais les premières demandes de groupes désireux de venir en pèlerinage à Hozémont. C’est ainsi, que, en l’espace de quelques mois, nous avons eu la joie d’accueillir des groupes de Beloeil, d’Hélécine, de Herve, de Remouchamps, de Lille et de Tourcoing. L’Eglise Saint-Sauveur se situant à quelques minutes de l’autoroute Liège-Namur et pas très loin de celle de Liège-Bruxelles, il est facile de s’y arrêter en allant, par exemple, à Banneux.   




Lors des pèlerinages, j’ai souvent constaté que beaucoup de personnes priaient l’Enfant-Jésus de Prague avec ferveur, mais ignoraient souvent l’origine et l’histoire de cette belle dévotion. Pour y remédier, et à la demande des groupes, je raconte avec plaisir cette histoire et j’explique le sens théologique de la prière à l’Enfant-Jésus.


Pour accueillir les groupes, soit le troisième dimanche du mois, soit à une autre date, quelques paroissiens m’ont proposé de l’aide. C’est maintenant un petit groupe responsable de l’œuvre qui m’aide pour l’accueil des pèlerins, la distribution des tracts, le service d’ordre, la table de presse et la vente des objets de dévotion.


Suite des travaux d’aménagement de la chapelle

N’oublions pas que ce lieu n’était pas prévu pour devenir une chapelle à part entière. A droite du nouvel autel se trouve une porte qui communique avec la tour de l’église. De plus, le mur est un peu abîmé à certains endroits. Pour embellir la nouvelle chapelle et masquer les imperfections, j’ai le souhait d’y installer des tentures. Il faut donc installer des barres en fer forgé permettant de supporter le poids des 40 m² de tissu nécessaire pour couvrir les murs. Je contacte plusieurs ferronniers. A mes cinq demandes, je ne recevrai aucune réponse et, fatalement, aucun devis. J’insiste alors auprès d’un artisan de la région que j’avais déjà contacté sans succès. Par bonheur, il accepte de venir le jour même de ma demande, sans connaître l’objet précis du travail. Je me rappelle exactement notre entrevue. Je lui explique ce que je souhaite et nous nous rendons devant la chapelle. Je le regarde et je vois qu’il a les larmes aux yeux... Ce qu’il dira est resté gravé dans ma mémoire : « M. le Curé, vous n’imaginez pas le nombre de fois où nous sommes allés en pèlerinage à Tongres. Eh bien, les barres en fer forgé, je les fais, je les place, et c’est pour moi ! ». Au final, j’ai bien fait d’attendre. C’est l’Enfant-Jésus de Prague qui a offert ce magnifique travail fait avec cœur et précision par un artiste généreux. Il reste encore les tentures à financer et à placer. Grâce à la générosité des pèlerins, l’opération est terminée en deux mois et la chapelle est toute parée de drap rouge et or avec un motif représentant la couronne de l’Enfant-Jésus en juin 2013.

Le nombre de pèlerins qui augmente m’incite à continuer les travaux et à rendre cette chapelle encore plus belle. Je souhaite installer l’autel sur une double marche en pierre bleue, entourée d’une balustrade sculptée, de style néo-gothique, qui servira de support pour les bougies-neuvaines et les lumignons. Je contacte une entreprise spécialisée pour concrétiser mon projet. L’architecte parvient à dresser des plans correspondant parfaitement à mes souhaits. On peut commencer, mais il manque encore un élément essentiel : l’argent. Je m’engage en effet dans de gros travaux, dont le devis de base est fixé à 12.000 euros, sans avoir les 500 premiers ! Bien plus, l’avenir m’apprendra que cette estimation allait être dépassée. Confiant, j’écris aux membres de l’Association de l’Enfant-Jésus de Prague et je m’adresse aux pèlerins pour solliciter leur aide. Le résultat a dépassé toutes mes attentes. En six semaines, la somme de base était réunie. Les travaux allaient commencer ! Ceux-ci durèrent deux mois, en atelier et dans l'église. Le résultat est impressionnant. Un paroissien m'a dit quand tout fut fini : " Je ne pensais pas que l'on pouvait encore réaliser cela aujourd'hui ! " Bien sûr, et c'est normal, cette aventure m'a apporté quelques frayeurs car, de dépassements, de petits détails en petits détails, le devis de base a été dépassé... Et il faut payer ! Heureusement, la Providence veillait et un généreux bienfaiteur a apaisé mes angoisses en offrant la différence. La chapelle transformée est inaugurée le dimanche 19 janvier 2014 en présence de plus de 200 pèlerins. En deux ans, l'endroit est devenu méconnaissable : un "placard à chaises" est devenu une splendide chapelle qui porte à la prière. Tout n'est cependant pas fini. Je souhaite maintenant offrir à l'Enfant Jésus de Prague un nouvel autel en marbre. Ce sera l'occasion d'un nouveau chapitre. 





Quelques grâces reçues

Beaucoup de pèlerins me racontent leurs peines et leurs joies. Depuis janvier 2014, près de la chapelle, se trouve un cahier destiné à recevoir les intentions de prières et les témoignages de grâces reçues. En voici quelques-unes, parmi tant d’autres, afin d’encourager à la confiance en l’Enfant-Jésus de Prague :

Une maman qui pleure...

Lors d’un pèlerinage, après les prières communes, une jeune maman vient me parler. Elle me montre une photo d’un enfant mort-né. L’accouchement s’est mal passé. Le médecin lui fait comprendre qu’elle ne peut plus avoir d’enfant. Parfois, la vie semble injuste... Malgré tout, une amie parle de l’Enfant-Jésus de Prague à cette pauvre maman. Avec confiance, elle vient à Horion-Hozémont, sans trop y croire. Elle dort mal, sa vie de couple est difficile. Simplement, je l’invite à confier son bébé à l’Enfant-Jésus de Prague et à lui demander son aide. On se quitte, le cœur gros. Comment rester insensible face à cette douleur... Les mois passent... pas de nouvelle... On n’y pense plus. Et puis, un jour, au moment de la bénédiction des pèlerins avec l’huile de l’Enfant-Jésus de Prague, une dame enceinte s’avance. Elle se fait reconnaître et montre une échographie. Elle attend des jumeaux ! Ses larmes se sont transformées en joie !

Délivré de la drogue

A la fin d’un pèlerinage, une maman vient se confier à moi. Son fils se drogue depuis plusieurs années. Elle a tout essayé : la persuasion, la force... A chaque essai, son fils a quitté l’institut de désintoxication et a rechuté. La situation est pénible à la maison. Simplement, elle dépose une photo de son fils devant l’Enfant-Jésus de Prague. C’est sa manière de le consacrer malgré son absence. En effet, son fils ignore ce recours au Petit Roi. Le lendemain, lundi soir, le téléphone sonne au presbytère. C’est cette maman, heureuse. Elle raconte que, de retour du pèlerinage, son fils lui annonce son désir de commencer sérieusement une cure de désintoxication. Il vient de prendre sa décision et veut commencer sans tarder ! Coïncidence ? Non ! L’Enfant-Jésus de Prague a consolé une maman.


Un accouchement qui se passe bien

Un troisième dimanche, une grand-mère vient demander à l’Enfant-Jésus de Prague de l’aide pour sa fille. Celle-ci doit accoucher et l’enfant est mal placé. Il faut faire une césarienne. Même si ce genre d’intervention peut sembler banal, l’annonce d’une opération est toujours un moment difficile à vivre. Le terme approche, l’intervention est toute proche. Ce que la grand-mère demande, c’est simplement que tout se passe bien... Devant l’Enfant-Jésus de Prague, on consacre déjà ce bébé, lui demandant de l’aider à venir au monde. Quelques jours plus tard, appel téléphonique ! J’apprends que l’enfant est parfaitement positionné ! L’accouchement se passera normalement.

Paix retrouvée

Lors d’un pèlerinage, quatre parents viennent me trouver et demandent des prières pour leurs enfants. En fait leurs enfants respectifs se sont mariés et ont fondé une famille. Maintenant, le couple menace de se séparer. Les parents sont dans une grande tristesse et confient la famille à l’Enfant-Jésus de Prague. Les mois passent... Un couple vient à moi. Je ne les ai jamais vus. Ils se présentent. Ce sont ceux pour qui on a prié et qui se sont réconciliés. Ils viennent eux-mêmes remercier l’Enfant-Jésus et offrir un remerciement portant l’inscription : « Paix retrouvée ».

La Confrérie de l’Enfant-Jésus de Prague

Une petite association de l’Enfant-Jésus de Prague a été fondée en février 2012. Deux ans plus tard, en janvier 2014, il y a 425 membres. L’intuition du début était simplement de réunir les pèlerins. Après réflexion, il a semblé souhaitable de donner une finalité à l’association en proposant aux membres de prier plus particulièrement pour la protection de la vie naissante et des familles. Ces intentions sont une des préoccupations pastorales de l’Eglise et tous se rendent compte des difficultés rencontrées de nos jours par les familles. Désormais, à chaque pèlerinage, les pèlerins prient pour les familles, demandant à l’Enfant-Jésus, qui a voulu grandir dans une famille, de les bénir et de les aider. Suite à ma demande, le 28 janvier 2014, S.E. Monseigneur Jean-Pierre Delville, Evêque de Liège a érigé canoniquement la Confrérie de l’Enfant-Jésus de Prague. La simple association du début est devenue une œuvre reconnue et encouragée par l’Eglise en la personne de notre Evêque qui honorera notre sanctuaire de sa présence lors du pèlerinage du mois d’octobre 2014.

Lors de mon entretien avec lui, j’ai été touché par sa bienveillance et ses encouragements. L’Eglise veut être proche des petits et de ceux qui souffrent. C’est un fait, certains pèlerins sont parfois très éloignés de la pratique religieuse et vivent dans des situations douloureuses. L’Enfant-Jésus, qui accueille toutes les détresses, est peut-être un jalon de leur retour à la foi. En les accueillant, en les écoutant, je souhaite leur rappeler que Dieu les aime et qu’il les veut heureux.

Voici un extrait du décret signé par Monseigneur l’Evêque : 

Nous, Jean-Pierre Delville, par la grâce de Dieu et l’autorité du Saint-Siège,
Evêque de Liège.

    Sur la demande, qui Nous a été adressée par Pierre Kokot, Curé de l’unité pastorale « Les Marches de Hesbaye », en vue d’obtenir l’érection canonique d’une confrérie sous le vocable de l’Enfant-Jésus de Prague ayant pour but de prier pour la protection de la vie naissante et des familles, après avoir constaté l’utilité de ladite confrérie et l’opportunité de son institution, le Saint Nom de Dieu invoqué, par Notre autorité ordinaire, en vertu des présentes, Nous érigeons dans l’église Saint-Sauveur de Horion-Hozémont ladite confrérie et la déclarons canoniquement érigée.

Monseigneur J.P. Delville en pèlerinage à l’Enfant Jésus de Prague

Le 19 octobre 2014, Monseigneur J.P. Delville, évêque de Liège a présidé le pèlerinage à Horion-Hozémont. Devant une foule de 500 pèlerins, il a prononcé une allocution sur la dévotion à l’Enfant Jésus, sur la démarche de pèlerinage et a encouragé ce sanctuaire naissant. Ensuite, en présence de nombreux prêtres, dont M. l’abbé P. Petit, ancien doyen de Horion-Hozémont, Monseigneur s’est consacré à l’Enfant Jésus de Prague. Les nombreux pèlerins ont alors eu la grâce de recevoir des mains de notre évêque la bénédiction avec l’huile de l’Enfant Jésus de Prague.

De retour à la sacristie, Monseigneur m’a dit qu’il avait été impressionné par la ferveur des pèlerins et par la présence dans l’assemblée de nombreuses familles, d’enfants et d’adolescents. Comme Curé de la paroisse et initiateur de ce pèlerinage, je remercie humblement notre évêque pour son soutien et son encouragement.